07.11.2006
Dans les bacs: Loche Vorace
On se souvient de la relative déception qui avait suivi l’édition de Cartilage en 2002. Sans nous faire l’écho des critiques de l’époque, qui avaient taxé l’album d’hermétisme et d’opacité, reconnaissons que la collaboration avec le vocaliste Hemi Stultul n’avait pas permis à la sauce de prendre. Deux talents peut-être trop volumineux et gourmands pour ne pas s’entredévorer sur l’espace limité d’une galette en polycarbonate de 12 cm de diamètre.
En 2003, l’internement soudain du bruiteur Gilles Téflon, blessé au crâne dans l’effondrement de son appentis, avait semblé porter un coup d’arrêt définitif à la cohésion de la formation.
Mais il suffit d’une écoute pour comprendre que tout cela est déjà loin. Conçu comme l’album de la guérison, Moucherons allie l’inventivité d’un meneur jamais à court d’audace au brio d’une équipe d’instrumentistes surdoués et inspirés. Alors que la première piste, Lullaby for a fly, s’ouvre sur un morceau de bravoure de Sergio Millecoins à l’harmonium à explosion, avant de se noyer dans les vociférations d’une chorale d’école primaire, on sent que la filiation avec le premier opus, Dent-à-dent (1994), n’est pas complètement rompue. Sur Stainless Steel Torso, Smouck peut se permettre d’aboyer en boucle, soutenu par les accords graves du lithophone vosgien d’Osni Fougère, qui a fait une apparition solo remarquée au dernier festival Terre d’Ouies de Velu-en-Ardoises. Quant au titre éponyme, il réserve une surprise que nous nous garderons bien de dévoiler. Préparez-vous simplement à passer un moment quelque peu tendu.
Qu’on se le dise : le retour de la bande à Smouck prouve, si besoin était, qu’une supposée traversée du désert peut masquer la gestation d’un bijou qu’on n’attendait plus.
Sylvain Epeautre
05:01 Publié dans L'esgourde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Ecrire un commentaire