28.11.2006

Dans les bacs: les Karuni-Yara d'Amazonie

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Voilà une édition qui devrait satisfaire les connaisseurs! Avec plus d’une soixantaine de documents sonores à son actif, la Maison de l’Outre-Son s’est imposée comme une référence en matière de dépaysement musical. Le présent disque ne déroge pas à la règle affichée par les concepteurs du label.
On se souvient de la relative stupeur qui avait accompagné la « découverte » des Karuni-Yara, en 1992. Ce peuple caché au milieu d’une zone non cartographiée de la vallée du Sorroyo, en Amazonie brésilienne, fut probablement l’un des derniers bastions de l’authenticité originelle. Sans nous faire l’écho des critiques de l’époque, qui avaient crié à l’imposture ethnographique, reconnaissons que le paysage sonore dévoilé par la première mission d’observation avait eu de quoi plonger nos oreilles dans la perplexité. Les structures rythmiques et l’utilisation d’une technique polyphonique inédite attestent l’ancienneté de l’isolement des Karuni-Yara.
En 1998, une deuxième mission avait tourné court avec le naufrage du zodiac qui convoyait le matériel et une partie de l’équipe.
Entre-temps, le lancement d’un chantier autoroutier à proximité de la zone a soulevé son lot de contestations et l’on a pu craindre un temps la crispation identitaire de ce microcosme en marge du monde.
Mais il suffit d’une écoute pour comprendre que tout cela est déjà dépassé. Conçu comme un hommage vibrant à la plasticité d’une culture largement méconnue, cet enregistrement souligne l’adaptation réussie des Karuni-Yara.
Alors que la première piste, Xúl Xúl, s’ouvre sur des chants polyphoniques inaugurant la tenue du conseil annuel, avant de se noyer dans les vocalises de la chorale de l’école primaire ouverte en 2001 grâce aux dons de Lozzo (chanteur du groupe 4Me), on apprécie ces sonorités rendues plus accessibles à nos oreilles par des Karuni conscients des enjeux d’une bonne communication. Quant aux deux autres sessions, elles réservent des surprises que nous nous garderons bien de dévoiler. Préparez-vous simplement à passer un moment coloré.
Qu’on se le dise : plus qu’un simple témoignage, ce disque est une véritable initiation à une musicalité vivifiante et prouve, si besoin était, que faire vivre le passé n’est pas forcément synonyme de frilosité.

Sylvain Epeautre


Commentaires

Le bjour de mon passage, très intéressant.
Claude.

Ecrit par : un breton en savoie | 05.12.2006

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