05.12.2006
Dans les bacs: Gyumn MNu
On se souvient du relatif dédain qui avait accompagné l’édition de Frozen Brain en 2004. Sans nous faire l’écho des critiques de l’époque, qui avaient taxé l’album de redite et de paresse, reconnaissons que la collaboration avec le hurleur Olaf Lampion n’avait pas permis à la sauce de prendre. Des aspirations divergentes avaient sans doute grevé la spontanéité de l’assaut.
En 2005, l’hospitalisation prolongée du batteur Sven Petit, déglingué par une salmonellose contractée au cours d’une tournée en Bretagne, avait semblé porter un coup d’arrêt définitif à la cohésion de la formation.
Mais il suffit d’une écoute pour comprendre que tout cela est déjà loin. Conçu comme l’album des retrouvailles, Chemistry of Pandemonium allie l’inventivité d’un meneur jamais en panne de fureur à la brutalité d’un bataillon de forgerons émérites et fiévreux. Alors que la première piste, Awakening of the Mighty, s’ouvre sur une rafale épique de Gunnar Morin à la basse, avant de se sublimer dans les trémolos d’une chorale d’école primaire, on sent que la filiation avec le premier opus, Cursed and rotten (1997), n’est pas complètement rompue. Sur He who dwells in the abyss, Frouchin peut se permettre de miauler en boucle, soutenu par le vrombissement de la guitare de Pete « Venom » Blanchard, qui a fait une contribution appréciée sur le dernier album de Swallow Swallow, Scattered pieces of Me. Quant au titre éponyme, il réserve une surprise que nous nous garderons bien de dévoiler. Attendez-vous simplement à transpirer des oreilles.
Qu’on se le dise : le retour de Gyumn MNu prouve, si besoin était, que les épreuves peuvent, dans certains cas, relancer une chaudière qu’on croyait essoufflée.
Sylvain Epeautre
05:00 Publié dans L'esgourde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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