21.11.2006

Dans les bacs: Etienne Louvreur

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Voilà une nouveauté qui ne devrait pas bouleverser le paysage de la chanson française. À peine dix mois après s’être fait remarquer, Etienne Louvreur récidive sans convaincre, en s’écartant sensiblement de ses débuts prometteurs.
On se souvient de la relative surprise qu’avait créée la sortie de Crocus et orties en janvier dernier. Sans nous faire l’écho des critiques de l’époque, qui avaient unanimement applaudi le jeune auteur-chanteur-compositeur, reconnaissons que la fraîcheur du timbre et l’ingéniosité des accompagnements avaient eu de quoi laisser croire au renouveau de la chanson à texte.
En mars, sa nomination aux prestigieuses Mélopédies d’Or avait assuré à Etienne Louvreur une renommée méritée et ouvert à un plus large public ses mots bien trouvés et ses airs à chantonner.
Mais il suffit d’une écoute pour comprendre que tout cela est déjà loin. Conçu comme l’album de la maturité, Au vent les gens pèche autant par la lourdeur du phrasé que par une sensation de déjà vu assez pénible. Alors que le premier morceau, Si t’étais moi, s’ouvre sur un sample trituré du Roi Pélican d’Ernest-Audran L’Onde (1774-1823) avant de se perdre dans le brouhaha d’une chorale d’école primaire, on sent que l’inspiration se tarit déjà. Avec Lady Lili, Louvreur sacrifie au désormais rituel exercice de la reprise, mais saccage du même coup l’œuvre originale de Bruce Donovan. Il ne suffit pas de geindre pour égaler le maître du genre, même soutenu par un groupe de musiciens chevronnés, dont Jérôme Escabeau, qui a auparavant collaboré avec des artistes tels que Jeanne Liseron ou Charles-Ali Pointure. Une consolation, le titre éponyme, qui se révèle suffisamment entraînant pour espérer une diffusion radio honorable. Attendez-vous à l’entendre en boucle pendant les prochaines semaines.
Qu’on se le dise : le retour d’Etienne Louvreur prouve, si besoin était, que la fraîcheur peut faner, et qu’un beau soufflé sorti trop vite du four finit souvent par se dégonfler.

Sylvain Epeautre



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